T900
23H55
Comment faire surgir ce qui demeure enfoui dans les corps, les langues et les héritages que l’on croyait perdus ? Avec Sibylline, Léo Lérus réunit neuf interprètes pour une création chorégraphique d’ampleur, traversée par les cultures caribéennes, où danse, voix créole, Gwoka et énergie collective composent une mosaïque vivante.
Avec Sibylline, le chorégraphe guadeloupéen Léo Lérus poursuit une recherche au long cours autour des mémoires caribéennes et de leurs devenirs contemporains. Prenant appui sur le proverbe créole « Pawòl anba fèy pa ka pèd » - les paroles sous les feuilles ne se perdent pas - il explore ce qui résiste à l’oubli, révélant comment les héritages issus d’histoires coloniales, longtemps minorés ou invisibilisés, continuent d’habiter les corps et d’influencer les identités d’aujourd’hui. Inspirée par la pensée du Tout-Monde d’Édouard Glissant, la création convoque plusieurs figures emblématiques de la société antillaise, autant d’archétypes à travers lesquels se rejouent des récits de transmission, de résistance, de fierté et de transformation. Portée par les pulsations du Gwoka, par des textes en créole écrits par la slameuse Dory Selesprika et par un dispositif interactif où le mouvement agit sur le son et la lumière, Sibylline cherche à retrouver l’esprit du Léwòz (fête traditionnelle guadeloupéenne) : un espace de jeu, d’improvisation et de communion. Entre puissance chorale et singularités affirmées, Léo Lérus compose une danse habitée, traversée par les voix du passé et les forces vives du présent.
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