Nathalie Béasse Tiphaine Raffier Gurshad Shaheman Nouveau Théâtre Populaire Sonia Chiambretto
Les créations des artistes associé·es confèrent au nouveau projet son identité, et contribuent au rayonnement du QUAI en France et à l’étranger. La présence des artistes dans le théâtre et dans la ville est le noyau dur de ce projet et son énergie vitale. En soutenant leurs créations et en les invitant à investir le QUAI tout au long de ce premier mandat, nous souhaitons faire de cette maison un lieu de permanence artistique, vivant et foisonnant pour les interprètes, scénographes, dramaturges, metteur·ses en scène et leurs équipes.
© Carole Bellaiche
Nathalie Béasse se forme à l’École des Beaux-Arts puis au Conservatoire d’Art Dramatique d’Angers. Elle se nourrit également des apports du Performing Arts qu’elle pratique à la Haute École d’arts plastiques de Braunschweig en Allemagne, école imprégnée par l’enseignement de Marina Abramović. À partir de 1999, elle fonde sa compagnie pour développer un travail à la frontière du théâtre, de la danse et des arts visuels. Elle se fait remarquer avec sa première mise en scène trop-plein. Aux cotés d’une équipe fidèle d’acteurs, danseurs et techniciens, elle invente au fil de ses créations sa propre écriture de plateau : happy child (2008), wonderful world (2011), tout semblait immobile (2013), roses (2014), le bruit des arbres qui tombent (2017) explorent les limites, les glissements entre le réel et l’imaginaire.
De septembre à décembre 2016, à l’invitation de Gwenaël Morin, la compagnie installe son « théâtre permanent » au Théâtre du Point du Jour à Lyon. En 2017, elle est invitée à la 45ème Biennale de Venise – festival international de Théâtre où elle présente quatre spectacles et dirige une masterclass avec des interprètes internationaux. En 2019, pour Occupation Bastille au Théâtre de la Bastille, la compagnie investit le théâtre pendant 1 mois et demi. L’occasion de revisiter une partie de son répertoire. En novembre 2019, elle crée au Quai CDN Angers un trio burlesque, aux éclats… En juillet 2021 à l’occasion de la 75ème édition du Festival d’Avignon, elle réunit sept interprètes et présente ceux-qui-vont-contre-le-vent au Cloître des Carmes. En novembre 2021, elle crée nous revivrons avec trois jeunes interprètes issus de 1er Acte (programme qui promeut une plus grande diversité́ sur les plateaux de théâtre), une libre adaptation de L’Homme des bois d’Anton Tchekhov, sur une commande de la Comédie de Colmar et du TNS de Strasbourg. En novembre 2024, elle crée velvet au Maillon – scène européenne de Strasbourg. En mai 2025, elle est invitée par Antonio Latella pour mettre en scène des étudiant·e·s de l’Academia Nazionale d’Arte Dramatica de Rome. Elle crée A.MOR.T qui sera présenté à La Pelanda à Rome et à la Biennale de Venise en juin 2025. En avril 2026, à l’invitation de la Commune-CDN d’Aubervilliers, elle crée monster parade qui inaugure les Pavillons Jeunesse.
tout semblait immobile, les bruit des arbres qui tombent, aux éclats… et velvet sont actuellement en tournée. En écho à son travail de plateau, elle a développé depuis 2005 une série de performances in situ qu’elle conçoit dans un environnement urbain ou naturel. Elle s’inspire d’un lieu, d’un espace qu’elle investit avec des corps, des histoires, des sons, une lumière, qui amènent à porter un nouveau regard sur un paysage, une architecture.
En septembre-octobre 2026, elle dirigera l’École des Maîtres, une formation théâtrale avancée dont l’objectif est de développer une relation entre des jeunes comédien·ne·s, formé·e·s dans les Écoles supérieures d’art dramatique européennes. (Ce projet est porté par Le Quai CDN Angers, le Piccolo Teatro de Milan, le CSS Teatro stabile di innovazione del Friuli Venezia Giulia d’Udine, la Comédie de Reims, le Teatro Académico de Gil Vicente de Coïmbra.)
Elle a écrit des spectacles avec des adolescents psychotiques, des détenus et des étudiant·es en écoles de théâtre.
La compagnie nathalie béasse invite au PAD à Angers – lieu de résidence qu’elle gère - des artistes de divers champs d’expérimentation (danse/théâtre/arts visuels/son) pour des temps de recherches. Ces résidences ont pour but de donner aux artistes l’opportunité́ de développer leurs idées et offrent également un temps d’essai, d’esquisse dans des moments de création qui sont encore fragiles.
Nathalie Béasse a été artiste associée au Théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire et à la Comédie de Clermont-Ferrand scène nationale. Elle est artiste associée à La rose des vents scène nationale Lille métropole Villeneuve d’Ascq, Malraux scène nationale Chambéry Savoie, Le Quai CDN Angers et à La Commune centre dramatique national d’Aubervilliers.

Comédienne
Initialement formée à l’ENMAD de Noisiel (Val de Marne), Tiphaine Raffier intègre la 2ème promotion de l’École du Nord en 2006. Elle y travaille sous la direction de Stuart Seide (notamment dans Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ? de Dejan Dukovski). En 2010-2011, elle travaille avec Bruno Buffoli et Laurent Hatat, puis au Théâtre du Prato avec Gilles Defacque, notamment dans Soirée de Gala (2013-2014). On la retrouve dans les créations de Julien Gosselin et du collectif Si vous pouviez lécher mon cœur : Gênes 01 de Fausto Paravidino (2010), Tristesse Animal Noir, d’Anja Hilling (2011), Les Particules élémentaires d’après Michel Houellebecq (2013), 2666 de Roberto Bolaño (2016). Et également dans L’Adolescent d’après Fiodor Dostoïevski mis en scène par Frank Castorf (Cologne, 2019). En 2020, elle intègre la distribution du spectacle Les serpents mis en scène Jacques Vincey.
Autrice, metteure en scène
C’est en avril 2012, faisant suite à une proposition du Théâtre du Nord, que Tiphaine Raffier écrit, met en scène et joue sa première pièce La Chanson. Le spectacle est créé lors du 1er Festival Prémices à Lille. En 2014, dans le cadre de la troisième édition du même festival, elle crée sa deuxième pièce trop-plein. En 2017, elle crée le spectacle France-fantômes. La même année elle réalise un moyen-métrage issu de sa première pièce de théâtre, La Chanson. Ce film, accompagné par la société de production Année Zéro et soutenu par le Centre National du Cinéma, a été présenté en mai 2018 à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Sélectionné dans une trentaine de festivals, il a remporté de nombreuses distinctions. En 2020, Tiphaine Raffier crée La réponse des Hommes, dont la première tournée est reportée à la saison 21-22 en raison de la pandémie. En 2021, elle recrée La Chanson [reboot] avec une nouvelle distribution, et travaille également à l’adaptation en long métrage de sa pièce Dans le nom. En mars 2023, elle crée le spectacle Némésis, d’après le roman de Philip Roth, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Les textes de ses trois premières pièces sont édités aux éditions La fontaine et le texte de La réponse des Hommes est édité à l’Avant-scène théâtre.
© Jeremy Meysen
Gurshad Shaheman a été formé à l’École Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille (ERACM). Il a aussi un master II de littérature comparée obtenu à Paris VIII sur la traduction de la poésie persane. En tant qu’acteur, assistant à la mise en scène ou encore traducteur du persan, il a notamment collaboré avec Thierry Bédard, Reza Baraheni, Thomas Gonzalez ou Tatiana Julien. Depuis 2012, Gurshad écrit et interprète ses propres performances. Sa trilogie, Pourama Pourama, toujours en tournée, est publiée aux éditions Les Solitaires Intempestifs.
En 2018, il crée au Festival d’Avignon, Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, spectacle écrit à partir de récits de réfugié·es LGBT issu·es du Moyen Orient.
En 2019, il crée sa compagnie La Ligne d’Ombre, implantée dans les Hauts-de-France. Artiste associé au théâtre Les Tanneurs à Bruxelles, Gurshad y crée en 2020 Silent Disco, projet citoyen mené avec des jeunes gens en rupture avec leurs familles.
En France, il est associé au Manège, scène nationale de Maubeuge, et au Théâtre de l’Union CDN de Limoges. Il est également accompagné par Le Phénix, scène nationale de Valenciennes et la Maison de la Culture d’Amiens.
En 2021, il écrit et met en scène Les Forteresses, spectacle toujours en tournée. Le livre a obtenu en 2022, le Prix de la Librairie et le Prix Koltes du TNS en 2023. Gurshad a également écrit Pour que les vents se lèvent - Une Orestie, créée en 2022 au TnBA à Bordeaux dans une mise en scène de Catherine Marnas et de Nuno Cardoso.
Lauréat de l’appel à projet, Mondes Nouveaux, il crée en 2023 l’installation sonore, Jadis, lorsque mon cœur cassa, au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse.
DR
L’aventure du Nouveau Théâtre Populaire est née à l’été 2009 dans un jardin de Fontaine-Guérin, village de mille habitants situé au cœur du Maine-et-Loire. La troupe, composée alors d’une douzaine de membres, se propose de construire un théâtre en plein air pour y monter en peu de temps des grands classiques de la littérature dramatique mondiale, en pratiquant un tarif unique de 5 euros la place.
Quatorze ans et une soixantaine de créations plus tard, la troupe est devenue un collectif de 21 membres permanents (artistes, régisseurs, costumières, administratrice), au fonctionnement rigoureusement démocratique. Le lieu existe toujours, et reçoit plus de 10 000 spectateurs de tous âges, à l’occasion du festival organisé chaque été à Fontaine-Guérin. Dans ce cadre, le Nouveau Théâtre Populaire cherche à réinterpréter l’héritage des pionniers de la décentralisation théâtrale : Copeau, Dullin, Pottecher ou encore Vilar. Le collectif défend avec les codes, les contraintes et les moyens d’aujourd’hui les principes présents en germe dès l’origine de cette grande histoire : exigence artistique, diversité du répertoire, lien direct avec le public, convivialité et accessibilité, quête inlassable de nouveaux spectateurs. Dans un monde victime de multiples crises – technologique, économique, politique, écologique – ce théâtre pauvre s’affirme comme le lieu qui rend à nouveau possible le rassemblement, la pensée, l’émerveillement, les rencontres.
En 2020, la troupe décide pour la première fois de faire une création destinée à sortir du jardin avec tous ses membres : ce sera la trilogie de pièces de Molière Le Ciel, la Nuit et la Fête (Le Tartuffe / Dom Juan / Psyché), créée en juillet 2021 au Festival d’Avignon et toujours en tournée actuellement.
Proposer une expérience unique, par le format et la continuité du spectacle, par notre temps de présence dans chacun des lieux où nous passons et notre manière particulière de les investir, par l’engagement de toute une troupe autour d’un seul auteur, c’est ce que nous voulons poursuivre aujourd’hui avec la création au printemps 2024 de Notre Comédie Humaine, d’après Honoré de Balzac.
Le collectif du Nouveau théâtre Populaire est aussi artiste associé à La Criée-CDN de Marseille.
DR
Écrivaine, poétesse et metteure en scène.
Autrice d’une dizaine de livres publiés chez L’Arche éditeur, Actes-Sud Papiers, Filigranes éditions ou aux éditions Nous, elle est également active dans le champ de la performance et des arts visuels.
Sa voix marque par l’originalité formelle de son écriture et la force et l’engagement de son propos. Multipliant les points de vue, en mixant textes de création et documents d’archives, elle façonne une langue brute et musicale. Elle dit écrire des « langues françaises étrangères ». Ses textes sont régulièrement portés à la scène par des metteur.e.s en scène et des chorégraphes, en France et à l’étranger.
Dans le cadre d’une résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers, en 2017, elle crée avec Yoann Thommerel le Groupe d’information sur les ghettos (g.i.g) qui rassemble, partout où il s’implante, habitants, artistes et chercheurs, tous impliqués dans la création de protocoles d’enquête : écriture de questionnaires, diffusion, récolte de données, traitement. Le fonds documentaire du g.i.g est régulièrement convoqué pour créer des espaces fictionnels poétiques et frontalement politiques interrogeant les mécanismes d’exclusion et de repli : publications, installations, vidéos, performances. Ils fondent également, en 2019, la Compagnie Le Premier Épisode et co-mettent en scène les pièces Îlots et Paradis.
Elle signe dernièrement l’écriture et la mise en scène de la pièce Oasis Love, dans le cadre du festival d’Automne 2023, et cosigne, la même année, l’installation Cœur en flammes avec l’artiste tisserande Delphine Dénéréaz, pour la première édition d’art contemporain de Nîmes.
Elle publie régulièrement dans des revues de poésie et anime des workshop dans des écoles d’art, des centre sociaux etc.
Ses derniers textes publiés - Tu me loves ? avec la photographe Marion Poussier, Filigranes, 2023 ; Peines Mineures, L’Arche éditeur (coll. Des écrits pour la parole, 2023) prix mention spéciale, 2024, de la librairie Millepages, Vincennes.