KiLLT est un dispositif hybride, théâtral et plastique, imaginé par Camille Laouénan et Olivier Letellier, directeur des Tréteaux de France, dans l’optique de transmettre le plaisir des mots, le désir de lire, l’audace de dire ensemble mais aussi l’importance de s’engager.
L’idée ? Peu de doigts se lèvent en classe à cette question du professeur « Qui lira le texte ? ». Peu de voix s’élèvent par peur d’être entendues, critiquées, notées. Puisque lire à haute voix c’est déjà dire à l’autre, l’idée est de « dédramatiser » cette pratique en la sortant de l’exercice scolaire et désinhiber la prise de parole. Dans un lieu – un théâtre, un lieu patrimonial, un établissement scolaire, une médiathèque, une entreprise –, les mots se retrouvent partout, sur les murs, une assiette, un t-shirt ou dans le creux d’un bras pour ce parcours théâtral et visuel. Guidés par un comédien passeur, les participants sont invités à lire – seuls ou en chœur – et à endosser un rôle, passant du statut de spectateur à l’état de lecteur, acteur de l’expérience. Plus qu’une simple lecture, cette mise en voix partagée opère comme une véritable immersion collective dans le texte d’une pièce de théâtre. Après La mare au sorcières de Simon Grangeat, Les règles du jeu de Yan Verburgh et Mauvaise Pichenette de Magali Mougel, Oiseau [Guide de Survie] de Marie Christine Lê-Huu (Grand Prix Artcena de littérature dramatique jeunesse 2024) sera le quatrième texte adapté en version « KiLLt ». Oiseau a disparu. Un jour d’hiver, depuis le toit de son école, il s’est envolé. La police enquête. Les parents le cherchent. Et tous se rendent compte qu’ils ne savent pas, qu’ils ne le connaissent pas. À l’école, personne ne lui parle. On murmure sur son passage. On le dit bizarre ou pas normal. On dit qu’il parle avec les oiseaux. À la maison, le père et la mère se disputent. Ils ne le comprennent pas. Leurs paroles s’échappent, bruissent et blessent. Alors pour le retrouver, il se pourrait que les mots soient la clef et qu’il soit nécessaire d’aller au-delà des différences, pour, enfin, prendre le temps de comprendre. En le partageant avec le public, à travers le dispositif KiLLT, nous espérons qu’il ressentira les mêmes sentiments. Cette envie de déplacer son rapport à l’autre, d’être plus attentif à ce qui fait notre individualité, notre richesse. Pour au final, réussir à former un ensemble, par les mots. Guillaume Fafiotte & Jonathan Salmon