Pauline Bayle RDV Théâtre

Pauline Bayle

© Béatrice Cruveiller

Atelier de Formation et de Recherche N°105

dirigé par Pauline Bayle

du 15 février au 5 mars


Depuis 1987, le CDN Angers Pays de la Loire inclut dans son projet artistique une activité de formation théâtrale destinée à tous les comédiens professionnels. Une centaine d’AFR ont été dirigés par des metteurs en scène aux parcours reconnus, citons les plus récents Chloé Dabert, Julie Deliquet, André Wilms, Marc Lainé, Frédéric Bélier-Garcia, Jonathan Capdevielle, Silvia Costa et John Romão.


AFR N°105 / PAULINE BAYLE
Questionner l’acteur et la présence au monde à travers Les Vagues de Virginia Woolf


Plonger dans Les Vagues de Virginia Woolf comme on plongerait en soi-même pour retrouver l’horizon de son existence. Se présenter à une autrice, les mains vides et le cœur nu, et s’en remettre à ses mots. Avoir foi dans un grand texte.
Plus proche du long poème en prose que du roman au sens traditionnel du terme, Les Vagues proposent un voyage radical : à travers l’entrelacement de six voix intérieures, nous faisons l’expérience du temps qui s’écoule et de la vie qui passe. Les pensées intimes de ces six personnages se font et se défont, à l’image de leurs destins qui se rapprochent et s’éloignent depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse. Habité de bout en bout par ces battements de cœur, Les Vagues portent en elles une dimension orale évidente, sorte de pulsation sensible qui se devine dès la première lecture.
Nous travaillerons aussi bien à partir d’improvisations collectives qu’à partir d’une version, encore en chantier, de mon adaptation du texte de Virginia Woolf. Et au fil d’expériences successives, nous essaierons de trouver comment offrir une incarnation de ce roman qui soit ancrée dans le présent et portée par une nécessité vitale.
Au fil de ce roman Virginia Woolf nous montre de manière magistrale comment notre présence au monde se fonde toujours dans d’ineffables impressions, qui mûrissent lentement en notre for intérieur avant de donner naissance à des actes. Au fil des mots, l’autrice restitue le chemin sinueux de cet élan vital et elle met ainsi en lumière le caractère fondamentalement solitaire de l’existence.
Pour une période plus ou moins longue, il semble que les contacts physiques seront, sinon bannis de nos vies sociales, du moins encadrés, limités et régulés. Pour autant, je ne crois pas que le théâtre soit condamné. Je crois au contraire qu’il peut, qu’il doit, continuer de nous tendre son miroir et nous offrir le reflet de nos corps désertés. Et ainsi nous montrer que malgré les périls et le tumulte, nous restons vivants.

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