CNDC
SPIEL

Ressemblances et distances, imitations et interprétations, c'est autour de ce jeu du même et de l'écart que s'établit la rencontre, mouvante, entre deux artistes, d'univers culturel et chorégraphiques éloignés. Débordant même des cadres qu'ils se posent.
« Sa danse est peut-être ce qu’il y a de plus éloigné de moi : vitesse, gracilité, légèreté. Une version masculine, japonaise et butô de la ballerine » dit Emmanuelle Huynh à propos d’Akira Kasai. Frappée par ses capacités de transformation, de l’intensité de sa danse, et surtout de son rapport électrisé au public, Emmanuelle Huynh propose au danseur butô une série de jeux. Des jeux enfantins pour entrer dans la maison de l’autre, franchir son seuil, arpenter ses schémas, ses chemins, des jeux pour entrer dans la peau de l’autre et comprendre ce qui l’anime. Ensemble, ils déploient des subjectivités qui se confrontent, reproduisant en s’en émancipant les gestes qu’ils perçoivent de leur partenaire. « L’écart qui existe entre l’original et la copie, n’est pas du coté de la perte mais du coté du point de vue, du choix, de l’interprétation. Nous conversons à travers cet écart. » Spiel, ou « jeu », en allemand, la langue que partagent les deux artistes, est une joute, un déplacement des genres, une métamorphose permanente entre deux artistes qui s’emparent de l’autre et de son originalité dans des mouvements d’emphase, de travestissement, de copies et de résistances.

